Maitehaeri…

Récits d’ici et d’ailleurs…

Nous avons quitté Cape Coast à 8h30 et avons roulé quasiment sans nous arrêter jusqu’à Tamale, où nous sommes arrivés 9 heures plus tard. En chemin, je me suis fait prendre au radar à 56 km/h au lieu de 50, à l’entrée d’un village. Le policier nous a fait signe de nous arrêter, ce que nous avons (on ne sait jamais), mais alors qu’il me montrait l’écran de son radar portable, son chef, une grand femme sèche, lui a montré nos plaques d’immatriculation et lui a fait signe qu’il ne pouvait pas nous arrêter. Elle est quand même venue me voir pour m’expliquer qu’au Ghana, quand on arrive dans un village, il faut rouler à 50. Je me suis excusée, elle a souri et l’affaire était réglée. 

Le lendemain, après 5 heures de route, nous avons atteint Ouaga sans encombres, fatigués mais heureux de notre aventure et pas peu fiers de la distance parcourue.

Malgré nos petites mésaventures, le bilan du séjour et de l’odyssée routière reste très positif. Ce pays a un charme fou et nous comptons bien y retourner dès que possible, en avion cette fois, afin de découvrir toutes les merveilles que nous avons laissé passer, occupés que nous étions à paresser sur la plage…

*

*        *

L’an 2000 a mis si longtemps à arriver et nous sommes déjà en 2004…
Nous passons notre dernière journée au Coconut Grove, ce ne sera pas une surprise. Le serveur a réussi à nous trouver de l’huile de coco et Mon mari est fou de joie. J’ai attrapé un poisson mort à moitié mangé par Dieu sait quel prédateur. Mon cher et tendre, lui, a fait le malin en attrapant une seiche rejetée par la mer. Il l’a aussitôt dépiautée, fait gicler un peu d’encre pour épater ses filles et m’a remis l’os, parfaitement nettoyé. Hier, il a attrapé un crabe, vivant cette fois, pour le plus grand bonheur de notre plus jeune fille, visiblement bluffée par la dextérité de son père.
Demain, nous reprenons la route. Nous avons encore changé nos plans. Nous allons tenter de passer la nuit  à Tamale plutôt qu’à Kintampo. De cette manière, nous devrions pouvoir être à Ouaga samedi en début d’après-midi.

La réceptionniste m’indique que je dois pouvoir trouver les poteries que je recherche à la boutique de souvenir du Biriwa Beach Hotel, à une dizaine de kilomètres sur la route d’Accra. Nous nous y rendons aussitôt et effectivement, ils ont un grand choix de poteries à des prix défiant toute concurrence. J’achète une bonne demi-douzaine de marmites de différentes tailles, un saladier et un petit pot à lait.

Satisfaits de nos achats, nous prenons la route du Coconut Grove. Le temps est très couvert et un vent frais souffle sur la plage. Un petit homme juché sur une chaise haute et qui a dû acheter aux enchères l’une des vieilles bouées rouges de Pamela Anderson, déconseille à quiconque d’entrer dans l’eau. Nous suivons son conseil et restons frileusement sous notre paillote. 

En début d’après-midi, un cheval bai avec une tâche blanche sur le ventre et un vieux bout de longe autour du cou fait son apparition sur la plage. Il est resté longtemps, reniflant et grattant de son sabot le tas de bois préparé en vue d’un feu de joie pour le réveillon. Il ne semblait pas s’intéresser à l’herbe pourtant proche, mais continuait à renifler le bois. Il s’est ensuite mis à suivre toutes les personnes qui passaient à proximité et a fait mine, plusieurs fois, de grimper les quelques marches menant au restaurant. Serveurs et clients lui ont offert des morceaux de sucre pour l’attirer vers la plage, mais rien n’y a fait. Il a même tenté de venir sous notre paillote. Finalement, il s’est mis à lécher avec application un réverbère, avant d’être mis en fuite par un commando de serveurs. 

Nous avons regagné notre hôtel pour nous préparer pour le réveillon. Mon mari râlait car je lui ai demandé de « s’habiller ». C’éest tout de même le réveillon, quoi! Peine perdue, les trois quarts des gens étaient en short et exaspérée, je suis retournée dans ma chambre un quart d’heure plus tard pour enfiler un jean et un T-shirt. Les attractions annoncées n’étaient pas prêtes, on n’arrivait pas à bien voir l’évolution des danseurs traditionnels à cause du buffet des desserts qui les masquait à notre vue et l’orchestre faisait son réglage pendant que les danseurs essayaient de suivre le rythme des djembés. Une vraie cacophonie. Le buffet était tout aussi déprimant que d’habitude, mais mieux décoré. Je ne m’attendais pas à trouver de saumon fumé, mais m’étonnais de l’absence de langoustes, pourtant nombreuses et peu chères ici. A la table voisine, un libanais ventripotent fumait un Havane nauséabond et le technicien responsable du son semblait avoir pour unique projet de nous rendre tous sourds pour la nouvelle année. Devant tout ce vacarme et la promesse d’une soirée ennuyeuse, nous n’avons pas eu le courage d’attendre minuit pour voir le feu d’artifice et le défilé de carnaval. Nous avons rejoint notre chambre à 21 heures. Notre fille cadette pleurait car elle voulait danser et voir le feu d’artifice. Nous avons joué avec les filles jusqu’à 22h30. Quand le feu d’artifice a commencé, elles dormaient si bien que je n’ai pas eu le courage de les réveiller.

Nous devions en théorie nous rendre au Kakum National Park, situé à une trentaine de kilomètres, mais après avoir lu dans le guide que nous n’avions quasiment pas la moindre chance de voir un animal, que nous pouvions marcher plus de 4 heures sans même apercevoir le bout de la queue d’un singe et que la seule activité garantie était la traversée d’un pont suspendu à 30 mètres au-dessus du sol en pleine forêt vierge, nous avons décidé de nous épargner cette fatigue inutile et de nous contenter de retourner à la plage. L’esprit aventureux, nous avons tout de même tenté une incursion à Brenu Beach, annoncée comme une belle plage publique dotée d’un petit restaurant de poisson. L’endroit est en fait une plage privée assez décevante. Nous faisons donc aussitôt demi-tour, direction le Coconut Grove, où nous avons désormais nos habitudes. Le temps est couvert et la mer hargneuse. Nous boycottons donc la baignade, mais nous vengeons sur le poisson. 

Nous avions prévu d’aller passer la journée à Axim et Takoradi, mais je ne me rappelle plus le nom du joli campement de plage d’Axim dont Hugo m’avait montré un prospectus. Nous décidons que nous n’avons pas envie de faire 70 kilomètres pour rien et retournons au Coconut Grove pour la journée. Nous avons trouvé un raccourci pour nous y rendre, en traversant Elmina. C’est un village de pêcheur, crasseux et surpeuplé, aux façades pelées. Le petit port, qui accueille plus de pirogues qu’il n’en peut contenir, est surplombé par un ancien fort d’un blanc devenu gris, qui n’accueille plus maintenant que des descendants d’esclaves venus visiter la dernière demeure de leurs ancêtres en partance pour des siècles d’esclavage. La foule se presse pour débattre du prix du poisson fraîchement déversé des pirogues. Dans les rues, quantité de chèvres, accompagnées de leurs petits, patrouillent les ruelles encombrées du village, en quête d’hypothétiques touffes d’herbe. 

La mer est encore plus mauvaise qu’hier et nous nous baignons brièvement et avec prudence. Notre petite dernière, qui tousse, sera consignée au bord de l’eau. A midi, Mon mari commande un plat de poisson local, servi dans une adorable marmite en terre cuite. La poterie ressemble à celles que l’on trouve à Ouaga, mais elle est plus jolie et nettement moins fragile. Il faut absolument que j’en trouve avant de partir. Je vais me renseigner. 

Nous regagnons l’hôtel Elmina Beach en fin d’après-midi et j’en profite pour relater à la réception la saga des serviettes de toilette. On m’explique que le stock a considérablement diminué à cause de la détestable habitude qu’ont les clients de voler les serviettes, ce qui entraîne également des retards dans la restitution des serviettes propres pour les malheureux qui, comme nous, n’auraient pas pris la précaution de voler les leurs. Le personnel m’assure qu’en tous cas, cela ne se reproduira plus. Ils ont tenu parole! 

Pour changer un peu, nous décidons de descendre dîner au restaurant de l’hôtel qui propose le soir une formule buffet. Après les japonais du matin, qui prenaient leur petit déjeuner en photo, et que nous avons retrouvé au Coconut Grove à midi, c’est au tour des afro-américains de faire leur entrée. La plupart sont obèses et hauts comme des gratte-ciels. Certains également, en particulier les femmes, arborent un total look « back-to-me-roots » avec un sens inné du ridicule. Leur présence porte un coup supplémentaire à la cuisine, déjà discutable, et le chef, dans un élan de folie furieuse, a préparé un étrange mélange de frites-choux de Bruxelles-tranches de mangue, dont la seule vue me donne la nausée. 

Nous terminons notre repas et filons acheter une bouteille d’eau au bar, que le Directeur de l’hôtel, présent à ce moment-là, nous offriras, tant il semble désireux de s’attirer mes bonnes grâces suite à toutes les bourdes commises par son personnel. Nous regagnons notre chambre et prenons la précaution d’afficher la pancarte « do not disturb », ce qui s’avèrera efficace.

Nous allons passer la journée hors de l’hôtel, car nous avons découvert hier que s’il a les pieds dans l’eau, il n’existe aucune plage et que la mer est inaccessible à cause d’un amas de roches et de galets recouvert d’un épais grillage métallique. Nous décidons de visiter Cape Coast qui s’avère n’être rien d’autre qu’une vieille ville négrière, qui a dû avoir un certain charme en son temps, mais dont les façades, qui n’ont pas dû être rénovées depuis, partent en lambeaux. Nous faisons demi-tour et reprenons la route de Takoradi pour nous rendre au Coconut Grove Beach Resort, dont on nous a dit le plus grand bien et sur lequel nous avions d’ailleurs hésité avant de réserver. L’hôtel est censé se trouver à 12 kilomètres du nôtre mais nous ratons la bifurcation car le panneau est visible seulement pour les véhicules venant en sens inverse (il fallait y penser…) et nous faisons près de 30 kilomètres pour rien avant de nous rendre compte de notre erreur. Qu’à cela ne tienne, nous rectifions le tir et prenons cette fois la bonne route. 

Le Coconut Grove est installé dans un cadre verdoyant, à l’écart du village d’Elmina, au milieu des cocotiers. La plage est très belle. Il faut payer un petit droit d’accès, mais nous y passons la journée, installés sous une paillote sur une chaise longue. Le restaurant propose une cuisine assez variée et délicieuse. Le poisson est excellent. Nous faisons des promenades sur la plage, nous ramassons des coquillages (minuscules) et nous nous baignons dans un petit endroit peu profond et protégé par des rochers. Ailleurs, le courant est trop fort. Les filles s’amusent beaucoup avec leurs pelles et leurs seaux et aucun d’entre nous ne voit passer la journée. 

Le soir, nous commandons des sandwiches que nous mangeons dans notre chambre. A 20h30, une femme de chambre apporte deux serviettes (nous avons du nous contenter d’une seule à notre retour de la plage…). J’en ai plus qu’assez de ces histoires de serviettes! 

6 heures du matin, quelqu’un frappe à la porte. Encore à moitié endormie, j’ouvre et découvre un homme de chambre, cette fois, qui dit m’apporter les 2 serviettes que j’ai demandé à la réception. Je lui demande s’il est dingue et s’il sait l’heure qu’il est. Il me répond, imperturbable, que « oui, Madame, il est 6 heures du matin ». S’ensuit un dialogue de sourds dans lequel j’essaie de lui faire comprendre que j’ai déjà assez de serviettes pour nous plus quelques invités et que de toute façon, il ne me viendrait pas à l’idée de commander des serviettes à une heure pareille. Pour sa part, l’homme se contente de répéter tout ce que je dis, d’un air pénétré, mais sans vraiment comprendre le sens de mes paroles, tant il a l’air perdu. Je clos la discussion en l’envoyant se faire voir chez les Grecs, ce qu’il fait d’ailleurs fort aimablement, et lui claque la porte au nez. 

Nous découvrons le buffet du petit déjeuner avec appétit mais un peu d’inquiétude. Les œufs brouillés ont visiblement été faits seulement avec les blancs, victimes des théories américaines sur le cholestérol sans doute, et ils sont si compacts qu’on pourrait cimenter des briques avec. Il y a des saucisses qui ne sont pas mauvaises, des haricots à la tomate et d’autres mets plus surprenant pour le matin, comme des ignames bouillis, du poisson grillé, du poulet en sauce et une sorte de pâté blanc-gris et spongieux, qui s’avèrera être du Fanti Kenkey, une pâte de maïs, spécialité locale. Les fruits ne sont guère mûrs et avoisinent un plat de concombres (?!). Le porridge a l’air fait à l’eau et je n’ose m’y risquer. 

Nous sommes arrivés à Cape Coast en tout juste 3 heures, après avoir parcouru 203 kilomètres. Après avoir passé la très belle université de Cape Coast et longé le bord de mer, nous sommes arrivés au Elmina Beach Resort. L’hôtel est très beau, bien qu’il ressemble beaucoup à un décor de Disneyland, clientèle majoritairement américaine oblige. Le personnel de la réception est très sympathique mais nous informe que les chambres sont disponibles seulement à partir de 15 heures, petit détail qu’ils ont oublié de mentionner au moment de la réservation. J’ai de plus la désagréable impression qu’en fait, ils ont perdu notre réservation, car ils ne semblent pas trouver notre nom dans leur ordinateur, mais comme je leur montre leur confirmation écrite, ils n’ont d’autre choix que de nous attribuer une chambre sans discuter. 

Comme il n’est que 11 heures, nous laissons les bagages dans la voiture et allons nous installer au bar avec vue sur l’océan et Mon mari en profite pour tester la bière locale. Nous faisons également une brève halte au centre d’affaires pour envoyer un email à mes parents avant d’aller au restaurant. Là, une bonne et une mauvaise surprise nous attendent. 

La bonne nouvelle, c’est que même si le chef n’obtiendrait pas une étoile au Michelin, sa cuisine est tout à fait acceptable et même bonne. La mauvaise surprise est que le menu ne propose que de la cuisine pour touristes US. Il est impossible de commander un plat contenant un tant soit peu de légumes. Tout est accompagné de frites ou de pommes de terre sautées. Même les sandwiches et les salades ne font pas exception à la règle. 

Nous redescendons dans le hall à 14 heures et la réceptionniste nous annonce que notre chambre est presque prête, ce qui nous arrange beaucoup car nous sommes très fatigués. Malheureusement, nous allons vite déchanter, car il s’avèrera finalement qu’à 15 heures les précédents occupants de notre suite ne l’ont toujours pas libérée. En conséquence, le Directeur de l’hôtel et son personnel nous promettent une suite avec vue sur la mer qui sera finalement prête 45 minutes plus tard. Notre chambre est très grande, mais le lit des enfants n’est pas encore installé dans le salon et nous n’avons que 2 serviettes de toilette pour 4 dans la salle de bains. Au bout de 2 heures, quelqu’un se décide à venir monter le lit des enfants, mais il n’y a pas de draps. 3 descentes à la réception et un coup de fil plus tard, on nous emmène enfin draps, couverture et serviettes (mais pas tout en même temps, comme cela a l’air d’aller de soi ici…). 

Nous commandons des sandwiches via le room service et nous nous couchons tôt car nous sommes très fatigués. A 20h35, alors que nous dormons déjà à poings fermés, quelqu’un frappe à la porte. C’est une femme de chambre qui nous apporte (encore) deux serviettes. Je crois que nous devons en avoir à peu près 8 maintenant! Je maudis le manque de communication et retourne me coucher.

Effectivement, la nuit a été mouvementée. Epuisée comme je l’étais, je pensais m’endormir vite, mais c’était compter sans l’orchestre. En plus de la musique, nous entendions des chuchotements et un grincement intermittent. J’ai tout d’abord cru que cela venait du bungalow voisin, mais j’ai ensuite réalisé que le bruit venait du dehors. Je me suis levée, ai tiré les rideaux et j’ai découvert qu’un couple s’était installé sous nos fenêtres pour écouter la musique. Ils étaient tous deux assez « enrobés » et avaient élu domicile sur le climatiseur, d’où le grincement. J’ai ouvert la fenêtre d’un coup sec et leur ai demandé, dans un anglais rageur, d’avoir la bonté d’aller poser leurs grosses fesses ailleurs. J’ai dû être particulièrement convaincante, car l’homme a attrapé sa copine par la main et ils ont décampé sans demander leur reste. 

Mon mari et moi étions très enrhumés, sans doute à cause des tâches de moisissure et cela nous a gêné également pour dormir. Nous nous sommes levés à 6 heures, nous avons chargé la voiture et sommes retournés au restaurant pour affronter les turpitudes d’un petit déjeuner à épisodes. Tout d’abord, seuls 2 petits déjeuners étaient inclus dans la suite pour 4 personnes, c’est très logique… Nous n’avions plus suffisamment de Cedis pour payer les 2 petits déjeuners supplémentaires et nos CFAs ne nous étaient d’aucune utilité. Mon mari s’est donc passé de toasts et compagnie, et nous nous sommes débattus avec un service déprimant. On nous a d’abord apporté des toasts d’une hauteur impressionnante, mais le beurre n’est jamais venu. Ensuite, nous avons eu droit à du cacao en poudre qui avait l’air sucré, mais qui ne l’était pas en réalité, avec un petit pot de lait concentré et de l’eau chaude (beurk!), mais pas de cuillère pour le préparer… 

Nous avons dit adieu à l’hôtel Rexmar sans regrets et avons même décidé de ne pas y passer la nuit du 2 janvier, comme convenu, mais de continuer sur Kintampo et de trouver une chambre sur place. Nous avons pris la route de Cape Coast, lisse comme du velours pendant une quarantaine de kilomètres, pour ensuite se transformer en piste en très mauvais état: bitume existant seulement par endroits, et là encore, d’innombrables trous, le tout pendant 60 kilomètres. La chaussée a fini par s’améliorer alors que nous arrivions dans la montagne, au milieu de la forêt tropicale. Le paysage est magnifique, nous prendrons des photos au retour. 

A première vue, l’hôtel ressemble tout à fait aux photos que mon collègue de notre bureau d’Accra, qui me l’a recommandé, m’a envoyées. Nous avons un bungalow, qui consiste en une suite. Il y a une chambre, un salon et une salle de bains et aussi une petite loggia à l’arrière. Notre chambre est équipée d’un lit king-size, au moins ne manquerons nous pas de place. Le lit des enfants n’est pas encore installé mais le personnel m’assure que ce sera chose faite pendant que nous dînerons. Il y a des tâches d’humidité sur le mur du salon et la salle de bains n’est pas impeccablement nettoyée. En fait, lorsqu’on y regarde de plus près, le standing du lieu n’est que de la poudre aux yeux, mais au moins n’y a-t-il pas de moustiques. 

Nous nous installons rapidement, car nous voulons partir tôt demain matin. Nous prenons tous une douche et nous rendons au restaurant. Mon collègue d’Accra m’a assuré que la cuisine était bonne, mais il devait être sous l’emprise de l’alcool au moment de son séjour, car nous n’avons pas souvenir d’avoir jamais aussi mal mangé. Le Petit-Fûté ayant indiqué que le service au Ghana est généralement très lent, voire désastreux, nous commandons, afin de s’éviter des problèmes, des choses simples. Des brochettes de bœuf et du riz blanc pour nous (j’aurais bien aimé commander du riz Jollof, mais lorsque j’ai demandé des explications, le serveur m’a simplement dit qu’il s’agissait de riz blanc, que l’on cuisine d’une certaine manière, sans bien entendu préciser laquelle, et que l’on obtient alors du riz Jollof…), des nems et des nouilles chinoises au poulet pour les filles. Au bout de 45 minutes, on nous a apporté 4 petits pains et du beurre salé dur comme de la pierre. Le Directeur de l’hôtel a également offert du coca aux filles. Une demi-heure plus tard, on a apporté à l’aînée une énorme assiette de nouilles qui sentaient très bon. Peu après, nous avons eu nos brochettes. La viande était à peine cuite, ce qui n’est vraiment pas une bonne idée en Afrique. On aurait dit de la vieille carne, aussi difficile à couper qu’à mâcher. Le riz était également tout sec, comme s’il avait été préparé la semaine précédente. La portion était gigantesque et il nous a fallu un peu de temps pour comprendre que c’était à cause de la clientèle américaine, très nombreuse au Ghana. Encore 10 minutes pour que l’on nous apporte un peu de sauce tomate amère comme tout pour arroser notre riz tout sec. Finalement, c’était presque mieux sans. Et toujours aucune nouvelle des nems. Notre plus jeune fille, bien entendu, les réclamait et ne voulait pas entendre parler des nouilles pour patienter. Je finis par attraper un serveur qui passait par là et lui demandais s’il pensait que les nems arriveraient un jour. Il les fit alors littéralement apparaître en moins de 5 secondes. La petite réclama la sauce habituelle, qui n’était pourtant pas, semble-t-il, prévue au programme et les nems tant attendus s’avèrent n’être que d’infects loempias, comme on en trouve en Belgique. 

Nous avons laissé les trois quarts de nos assiettes, tant à cause de la quantité que parce que la nourriture était mauvaise, mais personne ne nous a demandé si nous avions apprécié notre repas. Nous sommes partis nous coucher un peu inquiets à cause d’un panneau indiquant qu’une soirée privée était sur le point d’avoir lieu au bord de la piscine… 

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